Deux personnes ayant le même poids peuvent présenter des risques pour la santé très différents selon la localisation de ce poids. Voici pourquoi la graisse abdominale se comporte si différemment de la graisse présente ailleurs dans le corps — et ce qui permet réellement de la réduire.
Deux personnes peuvent avoir le même poids, le même IMC et même le même tour de taille un « bon jour » — tout en présentant des risques pour la santé très différents, simplement en fonction de l’endroit où leur graisse est stockée. C’est l’un des faits les plus sous-estimés en matière de santé métabolique : toutes les graisses ne se comportent pas de la même manière dans l’organisme.
Toutes les graisses ne sont pas métaboliquement identiques
La graisse stockée juste sous la peau (graisse sous-cutanée) est relativement inerte sur le plan métabolique : elle sert principalement à stocker de l’énergie. La graisse viscérale, qui enveloppe les organes internes au plus profond de la cavité abdominale, est un tissu d’une nature tout à fait différente. Biologiquement active, elle libère des molécules de signalisation inflammatoires et des acides gras libres directement dans la circulation sanguine et — surtout — est acheminée directement vers le foie via la veine porte. Cette voie directe signifie que la graisse viscérale exerce une influence immédiate et disproportionnée sur la fonction hépatique, la sensibilité à l’insuline et les niveaux d’inflammation par rapport à la graisse stockée ailleurs.
Pourquoi l’IMC peut être trompeur
Comme l’IMC ne prend en compte que le poids total par rapport à la taille, il ne permet pas de distinguer une personne présentant un excès de poids principalement sous forme de graisse viscérale d’une autre ayant le même poids, mais composé de graisse sous-cutanée et d’une masse musculaire plus importante. Cela a conduit les chercheurs à définir une catégorie parfois appelée « obésité de poids normal » : il s’agit de personnes dont l’IMC se situe dans une fourchette saine, mais qui présentent une quantité disproportionnée de graisse viscérale et sont exposées à des risques métaboliques similaires à ceux généralement associés à l’obésité, bien qu’elles aient l’air minces en apparence.
Les organes les plus directement touchés
En raison de sa proximité avec le foie et de son drainage veineux direct vers celui-ci, la graisse viscérale est étroitement liée à la stéatose hépatique non alcoolique — une affection qui peut se développer même chez des personnes qui ne présentent pas de surpoids global significatif. Elle interfère également avec la signalisation de l’insuline au niveau du pancréas, contribuant ainsi à une résistance à l’insuline indépendamment du poids corporel total, et son potentiel inflammatoire est associé à des marqueurs de risque cardiovasculaire élevés avant même que les taux de cholestérol ou la tension artérielle ne changent.
Un indicateur plus fiable que la balance
Le tour de taille — mesuré au niveau du nombril, et non à l’endroit le plus étroit — est bien plus étroitement corrélé à la graisse viscérale et aux risques pour la santé qui y sont associés que le poids ou l’IMC pris isolément. Le rapport taille-hanches apporte un éclairage supplémentaire, car il tient compte de la constitution corporelle globale. Le suivi de ces mesures au fil du temps, plutôt que celui du poids seul, donne souvent une image plus pertinente de l’évolution de la graisse viscérale : augmente-t-elle ou diminue-t-elle ?
Qu’est-ce qui favorise l’accumulation de graisse viscérale ?
Une combinaison de facteurs tend à favoriser le stockage des graisses selon un schéma spécifiquement viscéral :
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