L'activité physique ne favorise pas la perte de poids tout à fait comme la plupart des gens le pensent : le corps compense souvent cet effet de manière imperceptible. Le sommeil, quant à lui, a un effet plus étrange que le simple fait d'augmenter la faim : il modifie spécifiquement la façon dont le cerveau réagit à la malbouffe.
L'activité physique et le sommeil sont généralement considérés comme des éléments secondaires dans la perte de poids, l'alimentation occupant le rôle principal. Les recherches menées sur ces deux aspects s'avèrent toutefois plus intéressantes — et plus utiles — que ne le laisse supposer cette vision, en particulier lorsqu'on va au-delà de la simple logique « calories absorbées, calories dépensées ».
Pourquoi le manque de sommeil ne se contente pas de vous donner davantage faim
Il est bien établi qu’un mauvais sommeil augmente le taux de ghréline (l’hormone de la faim) et diminue celui de leptine (l’hormone de la satiété). Un effet distinct, spécifiquement neurologique, est moins connu : des études d’imagerie cérébrale ont montré que les personnes en manque de sommeil présentent une activité accrue dans les régions du cerveau liées à la récompense, notamment lorsqu’elles regardent des images d’aliments riches en calories et hautement transformés, par rapport à ces mêmes personnes bien reposées. En d’autres termes, un mauvais sommeil ne se contente pas de rendre la nourriture en général plus attrayante : il semble amplifier spécifiquement l’attrait pour les aliments les moins compatibles avec les objectifs de gestion du poids, ce qui aide à expliquer pourquoi, lorsqu’on est fatigué, on a si souvent tendance à choisir un type spécifique d’en-cas plutôt que de la nourriture en général.
« L’effet de compensation » lié à l’exercice dont presque personne ne parle
L’exercice physique est essentiel pour la santé, mais son effet direct sur la perte de poids est souvent plus faible que ne le laisserait supposer le simple calcul des calories brûlées, et ce pour une raison bien documentée : de nombreuses personnes compensent inconsciemment l’effort physique, soit en bougeant moins le reste de la journée, soit en mangeant un peu plus par la suite, sans en avoir consciemment décidé ainsi. Cet effet de compensation n’annule pas entièrement les bienfaits de l’exercice physique, mais c’est l’une des principales raisons pour lesquelles l’exercice seul, sans changement alimentaire, entraîne si souvent une perte de poids inférieure aux attentes — et pourquoi la pensée « j’ai fait de l’exercice, donc j’ai mérité ça » se retourne contre soi plus souvent que la plupart des gens ne le pensent.
À quoi sert réellement l’exercice physique, si ce n’est principalement à brûler des calories ?
Recadrer le rôle de l’exercice physique change complètement la donne : son bénéfice le plus constant et le mieux étayé lors d’une perte de poids n’est pas les calories brûlées pendant la séance elle-même, mais son effet sur le maintien de la masse musculaire et du taux métabolique alors que l’apport calorique est réduit, ainsi que les améliorations de la sensibilité à l’insuline et de la santé cardiovasculaire qui surviennent en grande partie indépendamment de la variation de poids. L’exercice est également étroitement associé à une meilleure adhésion à long terme à la gestion du poids en général — probablement grâce à ses effets sur l’humeur et l’énergie — même dans les cas où sa contribution calorique directe est modeste.
NEAT : le brûleur de calories négligé
La thermogenèse liée à l’activité non sportive (NEAT) — l’énergie dépensée lors des mouvements quotidiens tels que la marche, le fait de rester debout, les petits mouvements d’agitation et l’activité générale en dehors de l’exercice formel — varie énormément d’un individu à l’autre et, pour de nombreuses personnes, représente une part plus importante de la dépense calorique quotidienne qu’une seule séance d’entraînement. Une personne qui reste debout, arpente la pièce et se déplace régulièrement tout au long de la journée peut brûler nettement plus de calories qu’une personne qui reste assise la majeure partie de la journée mais effectue une séance d’entraînement structurée ; c’est en partie pour cette raison que les habitudes de mouvement quotidiennes globales importent autant, voire plus, que le temps consacré à l’exercice physique seul.
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