Les raisons anatomiques pour lesquelles les femmes souffrent beaucoup plus souvent d'infections urinaires que les hommes sont simples, mais il convient de dissiper certaines idées reçues concernant leurs causes et leur prévention, en particulier pour celles et ceux qui souffrent d'épisodes récurrents.
Les femmes souffrent d'infections urinaires bien plus souvent que les hommes, et cela s'explique principalement par des raisons anatomiques plutôt que par une question d'hygiène ou de malchance. L'urètre féminin est nettement plus court — environ 4 centimètres contre une vingtaine chez l'homme — et se trouve à proximité immédiate de l'ouverture vaginale et de l'anus. Cette combinaison d'une courte distance et de sources bactériennes proches facilite considérablement l'accès des bactéries à la vessie.
D’où proviennent réellement les bactéries ?
La majorité des infections urinaires sont causées par E. coli, une bactérie qui vit normalement dans l’intestin sans causer de dommages. En général, on ne « contracte » pas une infection urinaire à partir d’une source externe, contrairement à ce que l’on imagine souvent : il s’agit le plus souvent de la flore intestinale de l’organisme qui parvient à se frayer un chemin vers un endroit (la vessie) où elle n’a pas sa place et y provoque des problèmes.
Les rapports sexuels : un déclencheur mécanique, et non une infection transmise entre partenaires
C’est un point de confusion courant : l’activité sexuelle est un facteur de risque bien établi d’infection urinaire, mais pas parce qu’un partenaire transmet une infection comme le ferait une infection sexuellement transmissible. Au contraire, l’activité sexuelle peut déplacer mécaniquement les bactéries de la zone environnante vers l’ouverture de l’urètre, leur offrant ainsi un accès plus direct à la vessie. Cette explication mécanique — parfois désignée de manière informelle par le terme de « cystite de la lune de miel » en cas de début ou d’intensification de l’activité sexuelle — est très différente d’une infection transmise d’un partenaire à l’autre.
Autres facteurs augmentant le risque
- Retenir son urine pendant de longues périodes laisse aux bactéries plus de temps pour se multiplier dans la vessie avant d’être évacuées.
- Un apport hydrique insuffisant réduit la fréquence des vidanges de la vessie, ce qui, de la même manière, donne aux bactéries davantage d’occasions de provoquer une infection.
- L’utilisation de spermicides (y compris sur les diaphragmes) peut perturber la flore bactérienne vaginale protectrice, augmentant ainsi la vulnérabilité.
- La baisse du taux d’œstrogènes après la ménopause amincit les tissus qui tapissent l’urètre et le vagin et modifie l’équilibre bactérien local, ce qui explique en grande partie pourquoi la fréquence des infections urinaires augmente souvent précisément dans les années qui suivent la ménopause.
Que signifie réellement « infection urinaire récidivante » sur le plan clinique ?
L’infection urinaire récidivante a une définition clinique précise — généralement trois infections ou plus en douze mois, ou deux ou plus en six mois — et ce schéma justifie une évaluation différente et plus approfondie qu’un épisode isolé, car il peut indiquer un facteur anatomique, une cause hormonale ou un comportement qu’il convient d’identifier et de traiter directement, plutôt que de se contenter de soigner chaque épisode individuellement au fur et à mesure qu’il survient.
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