La perte osseuse peut progresser pendant des années sans aucun symptôme perceptible, ce qui explique précisément pourquoi l'ostéoporose n'est souvent diagnostiquée qu'après une fracture.
On pourrait croire que l'os est une structure fixe et permanente, mais il s'agit en réalité de l'un des tissus les plus actifs sur le plan métabolique de l'organisme, constamment soumis à un processus de dégradation et de reconstruction qui se poursuit tout au long de la vie. L’ostéoporose se développe lorsque ce cycle est déséquilibré — l’os est résorbé plus rapidement qu’il n’est reconstruit — et comme ce déséquilibre ne provoque ni douleur, ni changement visible, ni symptôme évident jusqu’à ce qu’une fracture survienne, cette maladie est considérée comme « silencieuse ». C’est en comprenant les mécanismes biologiques à l’origine de ce déséquilibre que l’on peut donner tout son sens aux stratégies de prévention, plutôt que de les considérer comme de simples conseils arbitraires en matière de mode de vie.
Le cycle constant de remodelage à l’origine de la solidité osseuse
Tout au long de la vie, des cellules spécialisées appelées ostéoclastes dégradent le tissu osseux ancien tandis que d’autres cellules, les ostéoblastes, construisent du nouvel os pour le remplacer. Pendant l’enfance et le début de l’âge adulte, la formation osseuse l’emporte généralement sur la dégradation, ce qui permet d’atteindre le pic de masse osseuse, généralement vers la fin de la vingtaine ou le début de la trentaine. Passé ce stade, l’équilibre s’inverse progressivement, et la densité osseuse diminue lentement avec l’âge chez presque tout le monde. L’ostéoporose correspond à une accélération de ce déclin normal, au point que les os deviennent structurellement fragiles et nettement plus sujets aux fractures suite à des chutes relativement mineures ou, dans les cas avancés, à des mouvements quotidiens tels que se pencher ou tousser.
Pourquoi les femmes sont-elles exposées à un risque particulier après la ménopause ?
Les œstrogènes jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre entre la résorption osseuse et la formation osseuse ; c’est pourquoi la chute brutale du taux d’œstrogènes pendant la ménopause est associée à une période de perte osseuse accélérée pouvant durer plusieurs années. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles l’ostéoporose est diagnostiquée beaucoup plus souvent chez les femmes que chez les hommes, et pourquoi le suivi de la densité osseuse est plus couramment abordé avec les femmes approchant la ménopause ou l’ayant déjà dépassée. Cela ne signifie pas que la perte osseuse chez les hommes soit sans importance — elle a simplement tendance à progresser plus graduellement et est donc souvent détectée plus tardivement.
Les bases nutritionnelles : le calcium et la vitamine D
Le calcium est le principal composant minéral de l’os, et un apport alimentaire adéquat tout au long de la vie favorise le processus continu de remodelage osseux ; toutefois, le calcium seul ne suffit pas sans la vitamine D, qui permet à l’organisme d’absorber effectivement le calcium provenant du tube digestif. De nombreuses personnes, en particulier celles dont l’exposition au soleil est limitée ou qui ont certaines habitudes alimentaires, présentent des taux de vitamine D inférieurs à ce qui est idéal pour la santé osseuse. C’est l’une des raisons pour lesquelles un médecin peut vérifier ces taux et aborder les sources alimentaires ou la supplémentation au cas par cas, plutôt que de partir du principe qu’une approche unique convient à tous.
Pourquoi les exercices de mise en charge sont plus importants qu’on ne le pense
L'os réagit aux contraintes mécaniques selon un principe parfois décrit comme « use it or lose it » (utilisez-le ou perdez-le) : les activités de mise en charge telles que la marche, la danse ou la musculation exercent une pression sur les os qui stimule les cellules responsables de la formation osseuse à rester actives, tandis qu'une inactivité prolongée accélère la perte osseuse. Cela diffère des exercices cardiovasculaires comme la natation ou le vélo, qui offrent de réels bienfaits pour la santé mais ne fournissent pas le même stimulus de sollicitation osseuse. L’entraînement de force et d’équilibre présente également un avantage secondaire qu’il convient de souligner : la réduction du risque de chute, car une fracture nécessite généralement à la fois des os fragiles et une chute, et le fait d’améliorer l’équilibre élimine la seconde partie de cette équation.
Continuez la lecture gratuitement
Créez un compte gratuit pour débloquer la suite de cet article et l'ensemble de notre bibliothèque santé.
Vous avez déjà un compte ?




