Une infection ponctuelle qui disparaît avec un traitement classique est une chose. Mais une infection qui revient sans cesse indique autre chose : parfois un biofilm résistant, parfois une affection qui n'est en réalité pas du tout une infection.
Une infection vaginale isolée qui répond à un traitement standard et ne réapparaît pas correspond à un tableau clinique bien défini. En revanche, une succession d’infections récurrentes — même après des traitements qui semblaient efficaces à chaque fois — constitue un tableau clinique véritablement différent, qui renvoie généralement à une cause sous-jacente spécifique plutôt qu’à un simple coup de malchance.
Le microbiome vaginal et l’importance de son équilibre
Un milieu vaginal sain est normalement dominé par des bactéries protectrices spécifiques, principalement diverses espèces de lactobacilles, qui contribuent à maintenir un équilibre empêchant la prolifération excessive des organismes responsables des infections courantes. Les antibiotiques (qui ne font pas la distinction entre les bactéries nocives et protectrices), les changements hormonaux et certains produits d’hygiène peuvent tous perturber cet équilibre, créant ainsi une période de vulnérabilité qui augmente considérablement le risque de récidive jusqu’à ce que l’équilibre protecteur se rétablisse.
Les biofilms : une raison spécifique pour laquelle certaines infections résistent aux traitements standard
Tant les bactéries responsables de la vaginose bactérienne que, dans certains cas, les levures à l’origine des mycoses récurrentes peuvent former des biofilms — des communautés structurées et protectrices qui adhèrent à la paroi vaginale et empêchent les organismes qu’elles abritent d’être exposés à la concentration de traitement nécessaire pour les éliminer complètement. Cela signifie qu’une petite population survivante peut persister même après que le traitement semble avoir résolu les symptômes, permettant à l’infection de se développer à nouveau et de provoquer une récidive qui n’est pas simplement une nouvelle infection sans rapport, mais une résurgence de la même infection.
Quand il ne s’agit en réalité pas du tout d’une infection
Un nombre important de cas traités à plusieurs reprises comme des « infections récurrentes » s’avèrent, après une évaluation plus approfondie, ne pas être du tout des infections :
- La vulvodynie — douleur ou gêne vulvaire chronique sans infection identifiable — est souvent mal diagnostiquée et traitée à plusieurs reprises par des médicaments antifongiques ou antibactériens sans amélioration, puisqu’il n’y a pas d’infection à traiter.
- La dermatite de contact, provoquée par des savons, des détergents ou certains produits d’hygiène, peut entraîner une irritation et une gêne qui ressemblent fortement aux symptômes d’une infection.
- Le lichen scléreux, une affection cutanée chronique touchant cette zone, peut également produire des symptômes ressemblant à ceux d’une infection, mais nécessite une approche thérapeutique totalement différente, sans antimicrobiens.
Savoir reconnaître quand des « infections » répétées qui ne répondent pas bien au traitement pourraient en réalité correspondre à l’une de ces affections non infectieuses est essentiel pour briser le cercle vicieux des traitements inefficaces.
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