Toutes les gastro-entérites ne se ressemblent pas, et certains conseils courants à ce sujet — le régime BRAT, les boissons énergétiques pour la réhydratation — sont plus dépassés que la plupart des gens ne le pensent. Voici ce qui permet réellement de distinguer les causes et d'accélérer la guérison.
L'expression « virus intestinal » est souvent utilisée comme un terme fourre-tout, mais les infections gastro-intestinales se répartissent en plusieurs catégories bien distinctes — virales, bactériennes et parasitaires —, chacune présentant des causes typiques différentes, des évolutions différentes et, dans certains cas spécifiques, des considérations thérapeutiques différentes qu’il convient de comprendre plutôt que de partir du principe qu’une seule approche convient à toutes.
Indices permettant de distinguer la cause probable
- La période d’incubation varie considérablement : certaines infections bactériennes d’origine toxique (comme certaines intoxications alimentaires à staphylocoques) peuvent provoquer des symptômes dans les quelques heures suivant la consommation d’aliments contaminés ; la plupart des infections virales mettent entre un et trois jours à se manifester ; et les infections parasitaires mettent souvent entre une et deux semaines, voire plus, avant de provoquer des symptômes.
- Une forte fièvre et la présence de sang dans les selles indiquent davantage une cause bactérienne qu’une cause virale classique ; il s’agit d’un indice important qu’il convient de signaler spécifiquement à un professionnel de santé si ces symptômes sont présents.
- La durée varie également : la gastro-entérite virale est généralement la plus brève, disparaissant souvent en quelques jours, tandis que certaines infections bactériennes et parasitaires peuvent durer plus longtemps en l’absence de traitement spécifique.
Gastro-entérite virale
Les norovirus et les rotavirus sont les causes virales les plus courantes ; tous deux sont très contagieux et se transmettent facilement par des surfaces contaminées, des aliments ou des contacts étroits. Ces infections sont généralement spontanément résolutives, ce qui signifie qu’elles disparaissent d’elles-mêmes grâce à des soins de soutien (réhydratation et repos) plutôt qu’à un traitement médicamenteux ciblé, généralement en l’espace de quelques jours.
Causes bactériennes, souvent liées à des aliments spécifiques
La salmonelle, le campylobacter et certaines souches d’E. coli sont des causes bactériennes courantes, fréquemment associées à une source alimentaire contaminée spécifique (volaille insuffisamment cuite, fruits et légumes non lavés, produits non pasteurisés). Ces infections peuvent être plus graves que les cas viraux classiques et nécessitent parfois des antibiotiques, bien que beaucoup se résolvent sans eux. Il convient toutefois de noter une exception importante et spécifique : pour certaines souches d’E. coli productrices de toxine Shiga (notamment la célèbre O157:H7), les antibiotiques peuvent en effet aggraver une complication rare mais grave appelée syndrome hémolytique et urémique ; c’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel d’identifier la cause bactérienne spécifique avant de décider d’un traitement antibiotique, plutôt que de traiter de la même manière tous les cas d’apparence bactérienne.
Causes parasitaires
Giardia est une cause parasitaire courante, souvent liée à une eau contaminée (y compris, dans certains cas, l’eau provenant de sources naturelles lors d’activités de plein air) et entraînant généralement une évolution plus longue que les causes virales ou la plupart des causes bactériennes. Contrairement à la plupart des gastro-entérites virales, les infections parasitaires nécessitent souvent un traitement antiparasitaire spécifique pour disparaître complètement, plutôt que de se résoudre d’elles-mêmes.
Les conseils obsolètes sur le régime BRAT
Le régime BRAT (bananes, riz, compote de pommes, pain grillé) a longtemps été recommandé pendant la convalescence, mais les recommandations actuelles s’en sont éloignées. Une restriction prolongée à ces aliments fades et pauvres en nutriments n’est pas nécessaire pour la plupart des personnes et peut en réalité ralentir la guérison en limitant l’apport nutritionnel à un moment où l’organisme en a besoin. Les recommandations actuelles préconisent généralement de revenir à une alimentation normale et bien tolérée dès que cela est raisonnablement possible, plutôt que de s’en tenir longtemps à un éventail restreint d’aliments.
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