La vitamine D se comporte davantage comme une hormone que comme une vitamine classique, ce qui explique en partie pourquoi les carences sont si fréquentes — et pourquoi « il suffit d'en prendre davantage » n'est pas toujours la solution la plus sûre ni la plus complète. Voici ce qui se passe réellement.
La vitamine D se distingue des autres vitamines par des caractéristiques qui déterminent presque tout ce qui concerne l'apparition d'une carence et la manière de la corriger : elle est liposoluble, elle est produite par l'organisme lui-même grâce à une réaction cutanée, et elle agit davantage comme un précurseur hormonal que comme un nutriment absorbé uniquement par l'alimentation. Cette combinaison explique à la fois pourquoi la carence est si répandue et pourquoi y remédier n’est pas aussi simple que de « prendre davantage ».
Le processus de synthèse cutanée, et pourquoi il est souvent moins efficace qu’on ne le suppose
Lorsque la peau est exposée aux rayons UVB, un composé situé juste sous la surface se transforme en un précurseur que le foie et les reins transforment ensuite en vitamine D active. Plusieurs facteurs courants réduisent l’efficacité de ce processus :
- Une teneur plus élevée en mélanine cutanée absorbe davantage de rayons UVB avant que ceux-ci ne puissent déclencher la synthèse, ce qui signifie qu’il faut généralement s’exposer plus longtemps au soleil pour produire une quantité équivalente de vitamine D par rapport à une peau plus claire.
- Les crèmes solaires, utilisées conformément aux instructions en raison de leur rôle (important) dans la prévention du cancer de la peau, réduisent effectivement la synthèse déclenchée par les UVB — ce n’est pas une raison pour ne pas en utiliser, mais cela explique pourquoi l’apport alimentaire et la supplémentation revêtent une importance accrue pour les personnes qui protègent leur peau de manière constante et appropriée.
- La latitude et la saison déterminent la quantité de rayons UVB qui atteint réellement le sol ; dans une grande partie de l’Europe du Nord, l’angle d’incidence du soleil pendant une grande partie de l’année n’est tout simplement pas assez fort pour déclencher une synthèse significative, quel que soit le temps passé à l’extérieur.
- La peau vieillissante synthétise la vitamine D moins efficacement que la peau jeune pour une exposition équivalente aux UVB.
Pourquoi la graisse corporelle influe sur les taux de vitamine D circulants
La vitamine D étant liposoluble, elle se stocke dans les tissus adipeux plutôt que de rester entièrement disponible dans la circulation sanguine. Chez les personnes présentant une proportion plus élevée de graisse corporelle, une part importante de la vitamine D produite ou consommée finit par être séquestrée dans le tissu adipeux plutôt que de circuler à des taux reflétés par une analyse sanguine — ce qui constitue une raison spécifique et mécanique pour laquelle l’obésité est indépendamment associée à des taux mesurés de vitamine D plus faibles, même lorsque l’exposition au soleil et l’apport alimentaire sont par ailleurs comparables à ceux d’une personne ayant moins de graisse corporelle.
Symptômes souvent négligés ou mal interprétés
- La fatigue persistante, même avec un sommeil suffisant, est l’un des symptômes les plus fréquemment signalés mais aussi les plus facilement ignorés.
- Douleurs osseuses et musculaires, parfois vagues et généralisées plutôt que localisées à une zone précise.
- Changements d’humeur : certaines recherches associent un faible taux de vitamine D à une détérioration de l’humeur, bien que cette relation soit complexe et que la vitamine D ne soit pas considérée à elle seule comme une cause principale de dépression.
- Augmentation de la fréquence des infections, liée au rôle de soutien de la vitamine D dans la fonction immunitaire.
Comme chacun de ces symptômes se confond fortement avec d’autres affections courantes, le recours à des tests, plutôt que de se contenter de deviner la cause des symptômes, est le seul moyen fiable de confirmer que la vitamine D en est la cause.
Risques à long terme d’une carence persistante
Chez l’adulte, une carence prolongée peut contribuer à l’ostéomalacie — un ramollissement des os dû à une minéralisation altérée — et, plus généralement, à une diminution de la densité osseuse au fil du temps, augmentant ainsi le risque de fracture. Chez les enfants, une carence plus grave et prolongée est associée au rachitisme, qui affecte directement le développement osseux. Au-delà de la santé osseuse, une carence persistante est liée à des effets plus larges sur le système immunitaire et, selon certaines études, à des effets liés à l’humeur, bien que ces associations soient généralement moins clairement établies que les effets sur le squelette.
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