La pratique régulière d'une activité physique ne compense pas entièrement les effets néfastes sur la santé d'une position assise quotidienne prolongée : les recherches montrent de plus en plus qu'il s'agit là de deux facteurs de risque distincts qui doivent être traités séparément.
L’une des conclusions véritablement surprenantes issues des recherches sur la sédentarité menées au cours de la dernière décennie est qu’une personne qui fait une heure d’exercice par jour mais qui, le reste du temps, reste assise pendant les quinze ou seize heures restantes de sa journée, présente tout de même des risques pour la santé nettement plus élevés qu’une personne qui bouge de manière plus régulière tout au long de la journée, même si le volume global d’exercice de cette dernière est moindre. Cela ne remet pas en cause la valeur bien établie de l’exercice physique structuré — cela démontre simplement que la durée totale passée en position assise semble constituer un facteur de risque indépendant à part entière, que une seule séance d’entraînement quotidienne ne suffit pas à compenser entièrement.
Le coût métabolique d’une position assise prolongée
Rester assis pendant de longues périodes entraîne des changements mesurables et assez rapides dans la façon dont le corps métabolise les graisses et les sucres. La contraction musculaire — même celle de faible intensité liée au fait de se tenir debout et de déplacer son poids — active des enzymes (notamment la lipoprotéine lipase) qui aident à éliminer les graisses de la circulation sanguine et à améliorer la sensibilité à l’insuline. La position assise prolongée désactive essentiellement ces processus, et des recherches ont montré que la glycémie et la réponse insulinique à un repas sont nettement moins bonnes après des périodes prolongées de position assise ininterrompue, par rapport au même repas entrecoupé de brèves pauses d’activité, même lorsque le volume total d’exercice effectué ce jour-là est identique. Cela s’inscrit probablement dans le mécanisme expliquant le lien indépendant entre la position assise et l’augmentation du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires, observé même chez les personnes qui respectent les recommandations hebdomadaires standard en matière d’activité physique.
Pourquoi cela n’est pas entièrement « compensé » par une séance d’entraînement quotidienne
Le concept qui ressort de ces recherches est parfois résumé par l’expression « syndrome du pantouflard actif » : une personne peut être véritablement en bonne forme physique selon les critères conventionnels (exercice régulier et structuré, poids sain) tout en présentant un risque métabolique élevé en raison du nombre même d’heures sédentaires consécutives au cours de sa journée type. L’explication proposée est que les processus métaboliques affectés par une immobilité prolongée fonctionnent selon une échelle de temps différente de celle des améliorations de la capacité cardiovasculaire issues d’un exercice structuré : l’activité enzymatique au niveau musculaire liée au traitement des graisses et du glucose réagit à des mouvements fréquents et répartis tout au long de la journée d’une manière qu’une seule séance d’exercice quotidienne concentrée, aussi efficace soit-elle pour la capacité cardiovasculaire elle-même, ne parvient pas à reproduire entièrement.
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