Une transpiration excessive sans cause apparente est souvent le signe d'une affection médicale distincte, et non d'un signe de nervosité ou d'un manque de forme physique. Voici en quoi consistent ses deux principales formes, et pourquoi le fait de la considérer comme « simplement de l'anxiété » revient généralement à passer à côté du véritable mécanisme en cause.
De nombreuses personnes qui transpirent de manière excessive — souvent au point de tremper leurs vêtements ou d’avoir du mal à tenir un stylo — se sont entendu dire, à un moment ou à un autre, de simplement se détendre ou de perdre du poids. Pour une grande partie d’entre elles, aucune de ces solutions n’est applicable. L’hyperhidrose primaire est une affection médicale distincte et reconnue, liée à un dysfonctionnement de la transmission des signaux du système nerveux ; elle n’est pas le reflet d’une anxiété, d’une condition physique ou d’un manque de volonté.
Hyperhidrose primaire et secondaire
La distinction entre ces deux catégories est essentielle pour déterminer la prise en charge adaptée. L’hyperhidrose primaire est généralement symétrique, touche des zones spécifiques (le plus souvent les paumes, la plante des pieds, les aisselles ou le visage), survient sans pathologie sous-jacente identifiable et apparaît généralement pendant l’enfance ou l’adolescence. L’hyperhidrose secondaire, en revanche, a tendance à être plus généralisée sur l’ensemble du corps, peut apparaître à tout âge et est directement liée à une autre affection sous-jacente ou à la prise de médicaments — ce qui signifie qu’il faut identifier et traiter cette cause distincte.
Que se passe-t-il réellement dans l’hyperhidrose primaire ?
Dans l’hyperhidrose primaire, les glandes sudoripares sont structurellement normales, tant en nombre qu’en fonction. Le véritable problème réside dans le système nerveux : une transmission excessive de signaux par le système nerveux sympathique déclenche l’activation de ces glandes, par ailleurs normales, bien au-delà de ce que la chaleur ou l’activité physique exigeraient — parfois sans aucun déclencheur externe. Il est important de bien comprendre cette distinction : il s’agit fondamentalement d’un problème de signalisation, et non d’un problème glandulaire, ce qui explique directement pourquoi certains traitements (abordés ci-dessous) ciblent le signal nerveux plutôt que la glande elle-même.
Pourquoi on la réduit souvent à une simple « nervosité »
La transpiration étant également une réaction physique normale à l’anxiété, l’hyperhidrose primaire est souvent attribuée à tort à la seule nervosité, et on conseille fréquemment aux personnes concernées de simplement se détendre. En réalité, la relation de cause à effet est souvent inversée : c’est la transpiration imprévisible, souvent intense, qui engendre elle-même une anxiété sociale et une gêne importantes, et non l’anxiété qui serait la cause sous-jacente de la transpiration. Il est important de reconnaître cette distinction, car le traitement de la pathologie sous-jacente tend à réduire l’anxiété associée, tandis que le traitement de l’anxiété seule n’a généralement que très peu d’effet sur la transpiration elle-même.
Pourquoi ces zones spécifiques sont-elles touchées ?
Les paumes, la plante des pieds, les aisselles et le visage présentent une densité nettement plus élevée de glandes eccrines (productrices de sueur) que la plupart des autres zones du corps, et les voies nerveuses sympathiques spécifiques desservant ces régions semblent être celles qui sont le plus souvent impliquées dans le schéma de signalisation hyperactive caractéristique de l’hyperhidrose primaire.
Quand faut-il suspecter une hyperhidrose secondaire ?
Une transpiration excessive généralisée d’apparition récente à l’âge adulte — plutôt qu’un schéma localisé présent depuis toujours — mérite d’être évaluée afin d’en déterminer la cause sous-jacente, qui peut inclure une hyperthyroïdie, des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes liées à la ménopause, certains médicaments, le diabète ou, plus rarement, d’autres pathologies sous-jacentes. Identifier et traiter directement la cause sous-jacente constitue l’approche appropriée en cas d’hyperhidrose secondaire, plutôt que de traiter la transpiration comme un symptôme isolé.
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