Le TDAH ne disparaît pas à la fin de l'enfance : il change simplement de forme, se manifestant souvent par une désorganisation chronique, une dérégulation émotionnelle et une agitation intérieure, plutôt que par l'hyperactivité que la plupart des gens associent à ce trouble.
Un nombre important d’adultes atteints de TDAH n’ont jamais été diagnostiqués durant leur enfance — en particulier ceux qui ne présentent pas les signes visibles d’hyperactivité qui ont tendance à être repérés en classe. Beaucoup ne reconnaissent ce schéma chez eux qu’après le diagnostic posé chez leur enfant, lorsqu’ils perçoivent dans leur propre histoire des traits qui leur semblent étrangement familiers, ou après des années de difficultés inexpliquées liées à la gestion du temps, à la persévérance et à la régulation émotionnelle, que la psychothérapie ou la seule force de volonté n’ont jamais semblé pouvoir résoudre.
En quoi le TDAH chez l’adulte diffère-t-il de celui de l’enfance ?
La composante hyperactive du TDAH a tendance à devenir moins visible de l’extérieur avec l’âge ; elle se transforme souvent en un sentiment persistant d’agitation intérieure, de pensées qui s’emballent ou d’une incapacité à se détendre, plutôt qu’en une agitation physique visible ou une tendance à courir partout. Ce qui a tendance à persister et devient souvent plus perturbant sur le plan fonctionnel à l’âge adulte, c’est la composante d’inattention : une difficulté chronique à gérer son temps, une tendance à sous-estimer la durée des tâches, le fait d’oublier ses rendez-vous et ses échéances, la difficulté à se lancer dans des tâches qui ne sont pas intrinsèquement intéressantes (même celles qui sont importantes), et une tendance à entamer de nombreux projets tout en n’en menant qu’un nombre relativement faible à bien. La dérégulation émotionnelle — frustration disproportionnée, irritabilité ou difficulté à se remettre de revers mineurs — est désormais reconnue comme une caractéristique centrale chez de nombreux adultes atteints de TDAH, même si elle ne figure pas dans la liste de critères diagnostiques traditionnelle que la plupart des gens connaissent.
Les trois types de présentation
Cliniquement, le TDAH se divise en trois types de présentation : à prédominance inattentive, à prédominance hyperactive-impulsive et combiné. Les adultes reçoivent de manière disproportionnée un diagnostic de forme à prédominance inattentive, en partie parce qu’elle perturbe moins l’entourage et qu’elle est donc moins susceptible de donner lieu à une évaluation précoce, et en partie parce que les filles et les femmes — qui reçoivent un diagnostic de TDAH nettement moins souvent que les garçons et les hommes par rapport à la prévalence réelle — présentent plus fréquemment ce profil plus discret, et inattentif, qui a longtemps été sous-estimé tant par les cliniciens que par les enseignants.
Pourquoi le diagnostic est-il souvent retardé de plusieurs années, voire de plusieurs décennies ?
Continuez la lecture gratuitement
Créez un compte gratuit pour continuer la lecture — et accédez à l'ensemble de notre bibliothèque santé, à des conseils personnalisés et à l'assistance de partenaires de confiance lorsque vous avez besoin de plus que de l'information.
Vous avez déjà un compte ?




